Le nouveau visage
de la chirurgie et médecine esthétique
dans le monde

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Le marché de la chirurgie et médecine esthétique est en pleine mutation et en perpétuel renouvellement. Le palmarès des interventions les plus pratiquées est relativement le même à l’échelle mondiale avec en tête du classement pour près de la moitié des actes esthétiques les États Unis, le Brésil, Japon, Italie et Mexique (2016)*. Des spécificités se dégagent toutefois pour chaque continent, les demandes de patientes diffèrent sensiblement d’un pays à un autre : la perception de la beauté relève bien évidemment de la culture du pays ainsi que de la société en question. Ces comportements contrastés au niveau géographique se révèlent particulièrement sous l’effet du développement des classes moyennes dans les pays émergents. Zoom sur le nouveau visage de la médecine et chirurgie esthétique à travers les quatre coins du monde…

Zoom sur l’Amérique latine…

Les demandes des patients et les modes de consommation varient selon les pays et reflèteraient la culture. Parmi les passions brésiliennes, on connaît le football, la samba, mais ce que l’on ignore, c’est qu’il s’agit du deuxième pays le plus consommateur d’actes de médecine plastique dans le monde après les Etats-Unis (2016)*. Un chiffre surprenant, de prime abord, étant donné qu’une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté. Cependant, le recours à la chirurgie esthétique est considéré comme un droit au Brésil et la quête de la beauté est même soutenue par l’État, qui prend en charge les frais de rhinoplasties, mammoplasties, transferts de graisse, etc…**. Quant à la Colombie, l’augmentation des actes est largement imputée aux Telenovelas, ces feuilletons où les héroïnes sont belles et ont peu d’enfants, ce qui a également impacté le taux de natalité en baisse depuis 10 ans.

Zoom sur le Moyen-Orient…

La beauté au Liban est un but ; il faut être belle et toujours sur son 31. Les actes de chirurgie esthétique ont le vent en poupe et la quête de beauté est un défi à relever. Une étude sociologique a conclu que cet accroissement est dû à l’écart qui existe entre le nombre des femmes et celui des hommes au Liban ; on parle d’un homme pour cinq femmes, ce qui encourage fortement ces dernières à accorder beaucoup plus d’importance à leur apparence afin de dénicher l’oiseau rare : un mari, explique Samir Khalaf, professeur de sociologie et chef du Centre de recherche sur le comportement à l’Université américaine de Beyrouth. Dans ce sillage, la First National Bank basée à Beyrouth a mis en place, en 2007, un crédit spécial en proposant de 1000 à 5000 dollars pour financer une opération de chirurgie esthétique.

Zoom sur l’Europe et la France…

En Europe et en France plus qu’ailleurs, les médecins et chirurgiens traitent les patientes avec parcimonie, ils essaient de coller au plus « vrai » de leurs patientes et rechignent à les transformer. Ici, point de bouche canard ou « duck face », mais une mise en fraîcheur, une correction subtile et leur mot d’ordre est le suivant : « le résultat doit être visible mais pas le geste ». D’où la très prisée « French Touch » qui attirent des femmes de tous pays. Plus que de rajeunir, il s’agit de combler le décalage entre son moi intérieur et son apparence (en moyenne 10 ans). Les prix des actes sont en baisse, l’offre se diversifie et les traitements combinés affinent la prise en charge personnalisée. Les médispas, centres consacrés au bien-être et à la médecine esthétique, explosent partout dans le monde sauf en France où une réglementation contraignante cantonne à rester dans le cadre d’un cabinet médical. Une qualité en hausse de prise en charge globale grâce à une profession qui s’autogère et qui exige des praticiens de faire des formations en continu.

Zoom sur l’Asie…

Du côté de l’Asie, les actes chirurgicaux les plus communs sont le débridage des yeux et l’affinement du menton afin d’afficher une beauté quasi-occidentale qui fascine les jeunes asiatiques. C’est le tube devenu viral d’un girl-group coréen faisant l’apologie de leur propre relooking (un baby doll-look très prisé en Asie) qui a donné un joli coup de pouce au CA du marché en 2016 et au tourisme médical venu de Chine, chiffré à 500 millions de dollars, selon L’Office National du Tourisme Coréen.

Les tendances diffèrent donc selon la culture du pays ainsi que les enjeux sociaux-économiques (facteurs d’intégration sociale et professionnelle). Avec la mondialisation, les moyens sont différents mais la finalité est la même : devenir ou (re)devenir belle à tout prix ! La spécialité de médecine et chirurgie esthétique, jugée hier comme jouant le jeu d’un diktat narcissique ou carriériste, est aujourd’hui en passe d’être considérée comme une médecine du bien-être aussi bien que du bien-paraître.

*ISAPS (The International Society of Aesthetic Plastic Surgery) Global Aesthetic Survey for procedures completed in 2016
**Edmonds A (2007) ‘The poor have the right to be beautiful’:cosmetic surgery in neoliberal Brazil. J R Anthropol Inst 13:363–381


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